L’espace culturel de la Douve s’offre une ouverture sur le monde avec l’exposition des toiles de Jamal Lansari. L’artiste les définit comme un panorama des résidences qu’il a vécu sur tous les continents.
Cinquante grands formats, dont un remarquable « Mont de Vénus », quelques miniatures et des croquis sont exposés. Si la spontanéité est l’essence même de son travail, ses dessins sont à la fois les traces de la capture de l’âme des régions qu’il traverse et l’élaboration de leur traduction artistique. L’objet perd le fonctionnel pour devenir un symbole dans l’œuvre sacralisée. Une œuvre double, qui demande d’accepter l’ordre caché des choses.
Un intérêt pour les autres cultures « Les deux rives » est le nom de cette exposition, qui pourrait définir le parcours de l’artiste. Né au Maroc, il a étudié aux Beaux-Arts, à Tours, avant de devenir responsable de la culture de Joué-lès-Tours. Deux séries de tableaux témoignent de cette double appartenance : les tons ocre du Sahel font face aux tons gris et bleu de l’autre rive de la Méditerranée. Mais, Jamal Lansari se veut être l’homme de bien d’autres rives. Il rejette les frontières « qui ne sont que géopolitiques » et se veut « appartenir à un monde global, n’avons-nous pas tous les mêmes larmes salées ? ».
Ce matiériste, car « pas de couleur sans matière », traduit dans ses toiles son intérêt pour les autres cultures qu’il confronte en gardant son style très personnel.
Samedi dernier, lors du vernissage, la cantatrice Cécilia Parody, accompagnée du guitariste Pierre Bluteau, a interprété quelques œuvres d’une autre rive lointaine, celle de l’Amérique du sud. Au programme : une évocation de la poétesse Alfonsina Storni faisant écho à l’Argentine, un morceau allegro de sa région viticole ou encore avec un classique brésilien.
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